14 mai 2018 – Le mot du président

14 mai 2018 – Le mot du président

L’année 2017 a été une année très difficile pour la Régie de Quartier du 14è et ses collaborateurs. A partir de mars, nous avons dû subir la non poursuite de notre collaboration avec un de nos principal partenaire Paris Habitat. Cette situation a été très surprenante car rien dans les relations que nous avions jusque-là ne pouvaient laisser penser que nous serions traités de cette façon. Plus généralement le processus des appels d’offre peut s’avérer redoutable, car il ne prend pas beaucoup en compte l’antériorité de la collaboration et la qualité des prestations fournies. Même s’il n’est pas le seul, le prix demeure le facteur déterminant dans la décision du donneur d’ordre. Nous connaissons aujourd’hui les travers de ce système, d’autres opérateurs, bien plus importants que nous, ont eu à connaître les mêmes déconvenues (voir par exemple l’affaire du Vélib à Paris).

Que dire de la rédaction des appels d’offre de nettoyage rédigés par Paris Habitat qui oblige ses prestataires à lisser, dans une fourchette maximum de 20%, le coût des prestations de nettoyage quel que soit le type d’immeuble (ensemble HLM ou de rapport). Il s’agit là d’une situation injuste, très peu visible, qui est défavorable aux grands ensembles où logent des populations moins aisées.

 

Nous pratiquons des prix raisonnables qui certes tiennent compte de la situation des salariés, issus de nos quartiers du 14è, très éloignés de l’emploi. Ceci nous oblige à renforcer l’encadrement et nos programmes de formation, mais en contrepartie nous obtenons des aides auprès des pouvoirs publics. Malheureusement ces aides ont tendances à stagner voire diminuer, ce qui est évidemment en contradiction avec les pressions que nous avons de la part de ces mêmes pouvoirs publics pour développer les embauches dans ces catégories.

Malgré cela nous maintenons que nous sommes compétitifs, avec un service de qualité reconnu par tous, avec des salariés mieux armés pour la suite de leur vie professionnelle. Nous contribuons ainsi à notre manière même modestement à améliorer le « vivre ensemble » dans nos quartiers.

 

En dépit des difficultés très sérieuses rencontrées en 2017 nous n’avons pas baissé les bras et nous avons pu nous repositionner auprès de cet acteur historique à l’origine de la création de notre régie. Nous avons finalement obtenu un nouveau marché presque identique en année pleine dans le courant de l’année 2018. Toutefois on est loin des objectifs de croissance que nous espérions alors.

Nous avons donc décidé de ne pas en rester là et nous allons désormais postuler à d’autres appels d’offre plus importants, même s’ils ne sont pas ciblés « insertion », car nous avons les moyens logistiques pour y répondre. C’est d’ailleurs nécessaire car notre équipe de collaborateurs permanente est dimensionnée pour maîtriser un volume d’activité plus important. Nous pouvons doubler sans difficultés notre chiffre d’affaires dans le secteur du nettoyage, il s’agit même d’un objectif essentiel dans le cadre de notre mission pour favoriser l’emploi.

Pour compenser en partie la perte de chiffre d’affaires sur 2017 nous avons démarché à la fois de nouveaux clients et développer d’autres domaines et notamment l’activité second œuvre, bâtiment. Cette dernière, est encourageante et permet à des salariés une entrée professionnelle à l’évidence qualifiante. Elle reste cependant aléatoire, tributaire de commandes au cas par cas comme le montre à nos dépends la réduction drastique en 2017 et encore plus en 2018 de celles de la RIVP, autre partenaire originel de la régie.

Dans ces conditions nos résultats financiers sont encore négatifs cette année, mais ils sont restés contenus à un niveau acceptable, compte tenu de nos réserves. Toutefois cette situation ne pourrait perdurer trop longtemps, car la régie finirait par s’appauvrir gravement.

Nous préférons utiliser nos réserves pour participer avec les pouvoirs publics et nos partenaires au financement de nouveaux projets.

 

Nous déménageons en mai 2018 pour des locaux plus grands que nous allons nous mêmes agencer, ils se situent à proximité : 2, rue Prévost Paradol.

 

N’oublions pas qu’une régie de quartier marche sur deux jambes, l’une directement sur la production et l’emploi, l’autre sur la participation des habitants dans les quartiers.

Dans ces domaines nous avons beaucoup agi ces dernières années. Nous sommes fiers du succès important et rapide de l’Accorderie que nous avons porté depuis sa création, elle est logiquement devenue autonome depuis novembre 2017. On peut citer aussi la bricothèque qui poursuit tranquillement son essor, ou encore les animations en collaboration avec de nombreuses associations du quartier sur la rue Prévost Paradol. Il est évident que notre installation au cœur de cette rue piétonne permettra d’étendre nos moyens d’action.

 

Prenant appui sur ces nouveaux locaux, nous comptons mettre en œuvre dans un délai raisonnable un lieu de vie et d’animation pour le quartier et jouxtant nos bureaux : « LE LOCAL ».

Nous voulons qu’il soit convivial, sympathique, jeune, familial, culturel et participatif. Un travail collectif de réflexion est en cours pour construire en détail ce projet.

 

Comme on le voit nous avons toujours des ambitions à la hauteur des enjeux sociaux et économiques pour les habitants. En espérant qu’une nouvelle fois notre élan ne sera pas brutalement interrompu par des obstacles exogènes qui seraient mal venus et fragiliseraient l’équipe.

 

Nous remercions les services de la ville de Paris et particulièrement Madame la maire de notre arrondissement et ses adjoints pour leur soutien et la collaboration active qu’ils nous apportent à tous niveaux.

 

Je remercie aussi l’ensemble de l’équipe qui fait beaucoup d’effort pour se conformer à ces objectifs ambitieux, leur tâche n’est pas toujours facile et souvent ingrate mais je peux témoigner ici de leur volonté de poursuivre l’aventure.

Patrick Forest, Président de la Régie de quartier du 14e